Quand la poésie raconte les anges.

Sur cette page vous trouverez quelques poèmes faisant référence aux anges dans des styles très différents mais qui illustrent la présence constante des anges dans notre culture.

Le Monde de l'Invisible  (Charles Baudelaire)

 
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis ?
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le coeur comme un papier qu'on froisse ?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?
 
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?
Et les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
Quand la vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine ?
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?
 
Ange plein de santé, connaissez-vous les fièvres ?
Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?
Ange plein de santé, connaissez-vous les fièvres ?
 
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ?
Et la peur de vieillir et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avides ?
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ?
 
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
David mourant aurait demandé la santé
Aux émanation de ton corps enchanté ;
Mais de toi je n'implore, ange que tes prières,
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières !

(Les Fleurs du mal)

chérubins

L'ange et l'enfant (Jean Aicard)

Il lui disait : « Je suis ton frère ;
Ne te souvient-il plus des cieux ?
Leur doux reflet brille en tes yeux :
Tu n'es pas l'enfant de la terre ! »

Et l'ange souriait et lui tendait les bras ;
L'enfant semblait dormir et ne répondait pas.

« Déjà les portes éternelles,
Enfant, sont ouvertes pour toi ;
Viens ; je te donnerai des ailes :
Tu t'envoleras avec moi !

« Bien souvent tu vois dans ton rêve
Des rubis, des perles, des fleurs ;
Pour ne te laisser que des pleurs,
Ce vain songe trop tôt s'achève. »

Et l'ange souriait et lui tendait les bras ;
L'enfant semblait dormir et ne répondait pas.

« Je ne veux pas que tu t'éveilles ;
Blond chérubin, remonte aux cieux ;
Tu retrouveras ces merveilles
Dont le songe éblouit tes yeux.

« Viens ; tu courras dans les allées,
Sur le sable d'un grand jardin ;
Je te conduirai par la main
Jusques aux voûtes étoilées. »

Et l'ange souriait et lui tendait les bras ;
L'enfant semblait dormir et ne répondait pas.

« N'entends-tu pas l'appel des anges ?
Va jouer dans le firmament ;
Sors de la vie et de ses langes
Dans les plis de mon vêtement !

« Tu verras des fleurs immortelles,
Des diamants dans les ruisseaux,
Des fruits d'or, et de blancs oiseaux
Qui laissent caresser leurs ailes ! »

Et l'ange souriait et lui tendait les bras ;
L'enfant semblait dormir et ne répondait pas.

« Oh ! que veux-tu que je te donne,
Frère, si tu viens avec moi ?
Prends les rayons de ma couronne :
Ces fleurons divins sont à toi.

« Tu ne sais pas que la souffrance
Ici-bas pourrait t'accabler !
Viens, suis-moi : je vais m'envoler...
Pauvre ami, je suis l'Espérance ! »

Et l'ange souriait et lui tendait les bras ;
L'enfant semblait dormir et ne répondait pas.

« Quoi ? Tu veux rester sur la terre,
Tout seul, jouet de la douleur ?
Et le ciel t'offrait le bonheur !...
Enfant, dans le ciel est ta mère ! »

Et deux anges fuyaient, heureux, loin d'ici-bas ;
Et l'enfant endormi ne se réveilla pas !

chérubins

Ange divin,qui mes plaies embaume (Pierre de Ronsard)

Ange divin, qui mes plaies embaume,
Le truchement et le héraut des dieux,
De quelle porte es-tu coulé des cieux,
Pour soulager les peines de mon âme ?

Toi, quand la nuit par le penser m'enflamme,
Ayant pitié de mon mal soucieux,
Ore en mes bras, ore devant mes yeux,
Tu fais nager l'idole de ma Dame.

Demeure, Songe, arrête encore un peu !
Trompeur, attends que je me sois repu
De ce beau sein dont l'appétit me ronge,

Et de ces flancs qui me font trépasser :
Sinon d'effet, souffre au moins que par songe
Toute une nuit je les puisse embrasser.


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